Un son, ça ne s’apprend pas d’une seule façon. Votre enfant l’entend, le voit écrit, le dit à voix haute… et parfois, il l’avait hier et l’a oublié aujourd’hui. C’est normal : en grande section et au CP, chaque son a besoin de temps et de répétitions pour s’installer.
Bérénice, enseignante dans une classe de GS-CP, le résume ainsi :
« En lecture, on multiplie les entrées. C’est-à-dire que chaque son correspond à un geste. Et c’est important de les multiplier, parce que chaque enfant va prendre les petites choses qui vont faire qu’il va apprendre. » — Bérénice, enseignante en GS-CP (@maitresse_butterfly)
Voici ces « entrées », et comment les utiliser à la maison, quelques minutes par jour.
Pourquoi plusieurs entrées pour apprendre un son ?
Un son, c’est abstrait. Le [ou] de loup ne se voit pas et ne se touche pas. Pour qu’un enfant le retrouve facilement, il faut lui accrocher plusieurs repères : ce qu’il entend, ce qu’il dit, ce qu’il voit écrit, un geste qu’il fait, une petite histoire dont il se souvient.
Plus il y a de repères, plus le son se retrouve vite quand l’enfant en a besoin, devant un mot à lire. Et ça vaut pour tous les enfants : il ne s’agit pas de trouver « le bon canal » de votre enfant, mais de lui donner plusieurs prises sur la même chose.
Entrée 1 : un geste pour chaque son
En classe, beaucoup d’enseignants associent un geste à chaque son : la main qui ondule pour le [s] du serpent, le doigt sur la bouche pour le [ch]… L’enfant fait le geste en disant le son, et le geste l’aide à le retrouver.
Certaines méthodes en ont fait un système complet. C’est le cas de la méthode Borel-Maisonny, où chaque son a son geste, quelle que soit la façon dont il s’écrit. Si vous vous interrogez sur les différentes méthodes de lecture, nous les avons présentées dans cet article.
Notre conseil : demandez à l’enseignant(e) quels gestes sont utilisés en classe, et reprenez les mêmes à la maison. Deux gestes différents pour un même son brouillent les repères au lieu de les renforcer.
Entrée 2 : une petite histoire, une comptine
Bérénice le raconte :
« Quand j’apprends mes petits sons, j’ai toutes mes petites méthodes : un petit geste, une petite histoire. Des fois, c’est une petite histoire qui fait que l’enfant va mémoriser. »
Une petite histoire peut tenir en une phrase : « le [s], c’est le serpent qui siffle », « le [m], c’est le bruit qu’on fait devant un bon gâteau : mmm ». Ce sont souvent celles que l’enfant invente lui-même qu’il retient le mieux.
La comptine est une petite histoire qui se chante. Elle fait entendre le même son plusieurs fois, dans des mots différents. Plusieurs jeux Max&Tom partent d’une comptine : on la lit (ou on l’écoute), puis on retrouve toutes les lettres du son cachées dedans.
À essayer : le son i avec miss fourmi qui part à Paris, le son f, le son m et le son l.
Quels jeux pour apprendre les sons ?
Le jeu est la troisième entrée : l’enfant manipule le son au lieu de seulement l’écouter. Pour un même son, les jeux le font travailler de plusieurs façons, du plus simple au plus difficile :
- entendre le son et dire s’il est dans le mot ;
- trouver sa place : au début, au milieu ou à la fin du mot ;
- choisir le bon mot entre deux mots qui se ressemblent (mouche ou manche ?).
Par exemple, voici trois jeux du son [ou], en vidéo :
Tous les jeux du son ou sont ici, gratuits. C’est la promesse de Max&Tom : apprendre en s’amusant.
Sans écran : les sons à imprimer
Les écrans ne sont pas la seule entrée. Nos planches de syllabes à imprimer (PDF) servent à lire les syllabes d’un son une fois qu’il est connu, sur papier, à la table de la cuisine ou dans le salon.
Comment apprendre les sons au CP ?
En classe, les sons arrivent un par un, dans un ordre réfléchi : d’abord des sons simples, qui s’entendent bien et s’écrivent avec une seule lettre ([a], [i], [l], [m]…), puis des sons plus complexes, qui s’écrivent avec deux lettres ou plus ([ou], [ch], [on]…). Chaque nouveau son se combine avec les précédents pour lire des syllabes, puis des mots.
À la maison, inutile d’aller plus vite que la classe : le plus utile est de revoir le son de la semaine. Pour comprendre les grandes étapes de l’apprentissage de la lecture, lisez notre page Apprendre à lire.
À la maison : 5 minutes, pas une heure
C’est le conseil que Bérénice donne aux parents de sa classe :
« En lecture, c’est le soir, c’est 5 minutes. On relit les petits mots qu’on a vus dans la journée, histoire de réactiver les sons. Une heure, ce n’est pas la peine. »
Bérénice l’explique en vidéo : 5 minutes, pas plus.
Trois idées pour ces 5 minutes :
- Faire le geste du son du jour ensemble, puis chercher des mots qui le contiennent.
- Relire les petits mots vus en classe, sans corriger chaque hésitation.
- Faire un jeu sur le son de la semaine, puis s’arrêter pendant que c’est encore un plaisir.
Et s’il bloque vraiment ? Si un son ne s’installe pas malgré le temps, parlez-en à son enseignant(e). Nous avons rassemblé quelques pistes dans cet article.
Tous les sons, du plus simple au plus complexe : les jeux de lecture par son.

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